En regardant The Good, The Bad, The Weird de Kim Ji-Woon, j'ai soudain eu l'envie de me remater A Bittersweet Life du même réalisateur. J'en avais une bonne impression, même si c'était un peu flou sur certains points. Kim Ji-Woon touche un peu à tous les genres, après le thriller fantastique de Tale of Two Sisters qui a fait son succès dans le monde, on passe directement au polar avec une histoire de vengeance... Peut-être que le Old Boy de Park Chan-Wook l'a inspiré, qui sait...
Après l'avoir revu, ce film me plait toujours autant pour son histoire et l'ambiance qu'il dégage. C'est très rare que je tienne en place devant un film de deux heures et là, tout s'enchaine plutôt bien... Le personnage de Sun-Woo (Lee Byung-Hun) a une certaines classe, propre sur lui et sérieux. C'est d'ailleurs pour ça que son patron l'apprécie, il est comme une machine qui a juste besoin d'être programmée vu son efficacité. De plus, il vit seul et n'a aucune attache, ce qui fait de lui un bras droit dévoué à son boss. Suivre un tel personnage aussi "parfait" dans sa tâche pourrait être ennuyeux, mais non, car il va faire une erreur qui va bouleverser son univers routinier...
L'histoire n'a rien d'originale, c'est plutôt classique et du déjà vu. Mais malgré ça, Kim Ji-Woon arrive à susciter notre intérêt avec ce semblant d'amour qui va chambouler la vie de Sun-Woo. C'est surtout ça qui me plait, le fait qu'il ne se passe rien, mais c'est comme si, vu les mesures qui sont prises... Puis cette esthétique et cette musique qui donne une ambiance classieuse à l'image du personnage principal.
Malheureusement, Kim Ji-Woon a été gourmand ou prétentieux, voir les deux... Et je le déteste pour ça... Même si Tale of Two Sisters se détache du lot des productions classiques des films de "fantômes", ça n'en reste pas moins un film qui m'a gavé avec la fameuse révélation finale... Je hais ce genre de retournement de situation, surtout si c'est mal fait et que tu le vois venir de loin, comme ce fût le cas pour 2 soeurs... Pour ceux qui n'ont pas compris, je parle du syndrome "The Sixth Sense", ce genre de retournement de situation qui chamboule tout le film... Et là, dans A Bittersweet Life il refait la même erreur suivant comment on interprète le film... C'est con que je ne puisse pas spoiler pour détailler, mais je vais essayer d'expliquer ça quand même...
Si on prend le film comme il est, c'est à dire un polar classique avec des mafieux. Le film est bon et intéressant, mais avec pas mal de défauts... Le contexte et l'histoire sont crédibles, mais les scènes de fight et de gunfight sont trop abusées... On a l'impression que le personnage principal est invincible... Dans ce sens, j'aurais préféré quelque chose de plus sobre et de plus authentique... Mais ces mêmes défauts servent la seconde interprétation qui donne un tout autre sens au film...
J'aime ce film pour son histoire, son esthétique, sa musique, sans oublier la prestance que donne Lee Byung-Hun au personnage principal... Il y a un quelque chose qui s'en dégage et qui me parle. Mais comme je l'ai dit, Kim Ji-Woon a voulu se jouer de nous et une fois de plus il a raté son effet, voir son film... Il aurait dû se contenter de faire un simple polar à l'ancienne. Il y avait tous les ingrédients pour faire un excellent film... Mais non... Et c'est fort regretable, car au final, A Bittersweet Life qui comme son titre l'indique me laisse une douce-amertume... Voilà pourquoi j'aime et je déteste ce film...